artnum

Ce cours obligatoire (pour les étudiants de 1ère année) d'Art et Environnement Numérique

se déroulera sur 6 séances les mercredis suivants de 10h à 13h en amphi des loges.

séance 1 : le mercredi 21 octobre avec Christian Jacquemin

séance 2 : le mercredi 28 octobre avec Benjamin Gaulon
Recyclism: Hardware Hacking and recycling Strategies in an age of Technological obsolescence (introduction à mon travail d'artiste + prof + producteur culturel)

séance 3 : le mercredi 4 novembre avec Benjamin Gaulon
From Cradle-to-Grave: Tech won't save us + Retail Poisoning (Culture Jamming . Tactical Media, Urban Hacking and more)

séance 4 : le mercredi 18 novembre avec Julia Rue (en visio) et Vincent Rioux

séance 5 : le mercredi 3 décembre avec Gwenola Wagon

séance 6 : le mercredi 16 décembre avec Christian Jacquemin


Christian Jacquemin a été Professeur d'informatique à l'Université Paris-Sud. Après avoir fait des recherches en traitement automatique du langage naturel pour la recherche d'informations (1991-2002), il a ensuite travaillé en réalité augmentée et sur les interfaces multimodales (2002-2017). Récemment, il a beaucoup contribué aux collaborations art et sciences en organisant les journées Art-science de Paris-Sud (2012) et le festival Curiositas de l'Université Paris-Saclay (2013-2014). Il est cofondateur de Diagonale Paris-Saclay, institution de médiation sciences et société. En tant que Yukao Nagemi, il réalise des performances de dessin performatif augmenté, soit comme membre du duo audiovisuel Lola et Yukao Meet depuis 2009, soit en collaborations avec des musiciens, des compositeurs, des danseurs ou des metteurs en scène. Il accorde une grande importance aux dispositifs de connexion entre médias numériques, à la réalité augmentée et aux formes artistiques interactives. 
Parmi les nouveaux champs artistiques ouverts par l’environnement numérique, nous présentons dans ce cours ce que nous appelons des Intermédialités numériques; des formes artistiques issues de la relation entre deux médias, et plus spécialement ici entre les arts visuels et des formes artistiques performatives telles que musique, danse et théâtre. Après l’analyse de quelques œuvres artistiques dont les formes emblématiques sont le séismographe (de la musique vers les arts visuels) et le pho-nographe (dans le sens inverse) d’artistes comme William Anastasi, Trisha Brown, Alice Anderson ou Bernard Moninot, nous présenterons notre expérience personnelle de cette approche ainsi que des détails sur les technologies utilisées pour relier des médias et les intentions artistiques ayant guidé leur mise en œuvre.
Cette première partie aura permis de mettre en évidence des dispositifs numériques pour équiper la création interactive en arts visuels d’une sensibilité à d’autres média. Nous en détaillerons plusieurs, tant par leurs caractéristiques propres que par leur capacités organiques à être contrôlés par des in-formations extérieures. Nous nous focaliserons plus particulièrement sur les pixels et toutes les formes granulaires visuelles à comportement collectifs comme les automates cellulaires, les fluides, ou les foules et les essaims. Quelques exemples illustratifs seront présentés en Processing. 

Depuis 2003, Benjamin Gaulon est artiste, chercheur et professeur. Il a notamment publié des travaux sous le nom de "Recyclism". Ses recherches portent sur les limites et les échecs des technologies de l'information et de la communication, l'obsolescence programmée, le consumérisme et la société jetable, la propriété et la protection de la vie privée, ainsi que l'exploration du détournement, du piratage et du recyclage. Ses projets peuvent être des logiciels, des installations, des projets hardware ou basés sur le web, des œuvres interactives, du street art et sont généralement open source.
Il est actuellement directeur de NØ, une organisation à but non lucratif dont la mission est de soutenir et de promouvoir la recherche et les pratiques émergentes en matière d'art et de design qui traitent des impacts sociaux et environnementaux des technologies de l'information et de la communication, en France et au-delà. Il est le PDG de l'IoDT, l'Internet of Things Institute, et l'organisateur de NØ SCHOOL NEVERS.
Il a été professeur associé à la New School Parsons Paris, où il a été directeur du programme MFA Design + Technologie et du programme BFA AMT (Art, Media and Technology), qu'il a développé et lancé en 2013. Auparavant, il a été chargé de cours au National College of Art and Design de Dublin, chercheur associé au CTVR / Centre de recherche en télécommunications (Trinity College) et directeur de Data 2.0 (Dublin Art and Technology Association) à Dublin.
Depuis 2005, il anime des workshops et donne des conférences en Europe et aux États-Unis sur les déchets électroniques et le piratage / recyclage du matériel informatique. Les participants de ces workshops explorent le potentiel des technologies obsolètes de façon créative et trouvent de nouvelles stratégies pour le recyclage des déchets électroniques.
http://www.recyclism.com/
 
Julia Rue est une artiste interdisciplinaire qui explore les frontières de la technologie et des arts visuels. Julia a étudié les arts visuels à la Orange County School of the Arts (2014). Alors qu'elle obtenait un baccalauréat en génie mécanique avec une spécialisation en product design et une concentration en Arts, Culture et Technologie (ACT) du Massachusetts Institute of Technology (2018), elle a fondé Borderline qui a attiré l'attention des médias, notamment Vice Motherboard et Boston Globe. Elle a travaillé pendant deux ans chez Accenture en tant qu'ingénieur en mécanique et product designer. Elle est actuellement en congé sabbatique d'Accenture pour poursuivre son art plus pleinement. 
Son art public comprend The Borderline au MIT et à Sao Paulo, et Boston Hubweek. Son travail a été mis en valeur dans de nombreuses collections privées et publiques, notamment ArtFare, Weisner Gallery, Arts on the Marquee Boston. Julia a reçu des récompenses et des subventions du MIT Council of the Arts, le Laya and Jerome B. Wiesner Art Award et Disney Imagineering.

Gwenola Wagon travaille souvent avec Stéphane Degoutin, parfois seule et en collectif, ses projets dénoncent l’obsolescence programmée de l’homme (Cyborgs dans la brume), l’automatisation du traitement des produits, du vivant et des données (Planète-Stock, Erewhon, Le Monde comme entrepôt de livraison), proposent à des chercheurs de vivre dans la forêt, nus mais connectés (World Brain), expérimentent des modes de vie alternatifs dans la société de l’hyper-information (Laboratoire de schizophrénie contrôlée), enquêtent sur l’Umwelt d’Internet (Souris télépathes, Haunted by algorithms), interrogent les images virales de la société du trash (Voyage à Virusland, Dance Party in Iraq), explorent la mythologie de l’aéroport international (Psychanalyse de l’aéroport international, Musée du terrorisme), organisent des burn-out parties (Institut de néoténie pour la fin du travail, La Défense parc d’attractions du travail), prônent l’amour inter-espèces (Cat Loves Pig, Quel effet cela fait-il d’être une luciole ?), dérivent grâce à des technologies de géolocalisation utilisées à contre-emploi (Moillesulaz 1/1, Random GPS), imaginent des utopies pour des zones périphériques (Hypnorama, Laboratoire de recherche du zoo de Vincennes, Utopia Factory Abraxas, Sex Park), arpentent le globe virtuel (Globodrome, Blackpool-Manchester), parcourent les banlieues parisiennes (Postcards from the Paris Suburbs, Voyage immobile).
https://d-w.fr/
Virusland, est un feuilleton composé d’épisodes textes et films avec Pierre Cassou-Noguès sur une forme de vie qui s’étend sur la planète par contagion, contagion d’une région ou d’un pays à l’autre, et contagion de la fiction à la réalité. Nous nous proposons de voyager en Virusland, explorer cet étrange domaine comme des ethnologues confinés, sans méthode et sans contacts, et n’ayant pour seule ressource que des vidéos internet. Virusland est en guerre contre un ennemi invisible. Les médecins, les policiers et les épiciers sont en première ligne. A l’arrière, Virusland mobilise aussi des machines, des hélicoptères, des drones, des robots, du tracking, des bracelets électroniques, pour protéger sa population. Cette guerre est sanitaire, biotechnologique et morale. Nous avons tous peur, de l’inconnu, de l’étrange, de nos fantasmes. De quoi exactement ? https://d-w.fr/fr/projects/virusland/